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L’intuition créative

14/02/2022 dans Tendances
Le Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Etienne consacre une exposition géniale à l’autodidaxie en peinture. Un trait de génie que l’on peut retrouver dans pléthore d’autres secteurs, y compris l’horlogerie.
 
Curriculum vitae s’il vous plaît ! Le monde du travail exige des bagages : un cursus, quelques apprentissages, une validation des compétences par des premières expériences professionnelles. Autrement dit, des prérequis qui ont également leur importance dans le domaine de l’art. On pourrait penser que seuls le talent, l’inspiration, l’école de la vie, la pratique, le génie, la persévérance suffissent dans ses multiples disciplines mais, là encore, l’apprentissage dans l’ombre d’un grand, l’appartenance à une école, la formation, le compagnonnage sont des références plus que souhaitées.
 
Une forme d’académisme dont le Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Etienne se moque, à travers l’exposition L’Enigme autodidacte qui se tient jusqu’au 3 avril. Sur 1 000 mètres carrés, ce ne sont pas moins de deux cents œuvres qui sont rassemblées côte à côte avec pour principal critère de sélection que chacune a été le fruit de l’imagination d’un débutant à l’heure de sa réalisation. Ainsi, des pièces initiales des désormais célèbres Maurizio Cattelan, Christian Boltanski, Sophie Calle, Yves Klein en tutoient d’autres de Judith Scott, Emma Kunz, Henry Darger ou Marcel Bascoulard qui n’ont pas accroché les flashs de la même façon. La commissaire Charlotte Laubard s’étant attachée à esquisser des parallèles entre les parcours initiatiques de chacun, sans maître ni rampe, souvent dans leur
coin, avec le feu créateur pour seul moteur.
 
L’exposition ne remonte bien évidemment pas jusqu’à Vincent Van Gogh qui est souvent cité comme le plus célèbre autodidacte, lui qui avait seulement travaillé pour un marchand d’art et n’avait pas suivi la moindre formation lorsqu’il s’est essayé à la peinture. Elle se concentre sur la deuxième partie du 20e siècle, lorsque point l’art contemporain sous l’impulsion d’artistes qui se postent en rupture de tout ce qu’ils ont pu apprendre sur des bancs, observer ou expérimenter dans l’ombre d’un chef de file. Cette effervescence iconoclaste favorisera les démarches individuelles, autodidactes, sans influence ni référence… Après, la persévérance fera souvent la différence dans le temps. Un nouveau talent est toujours difficile à remarquer au premier coup d’œil. Surtout si son expression relève d’aucun courant ni école. A lui de persister dans son art, sa discipline. Toujours et encore, recommencer en écoutant que sa seule intuition. Jusqu’à creuser son propre sillon.
 
 
 
Texte : Frédéric Martin-Bernard
Photo Copyright Oscar Keys
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