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David Hockney et le miracle du printemps

15/03/2022 dans Voyage
Plus les années passent, plus l’artiste britannique est fasciné par le réveil de la nature qui en fait voir de toutes les couleurs. Et de rejaillir sur ses tableaux.
 
Si la formidable exposition A year in Normandie de David Hockney a récemment fermé ses portes au musée de l’Orangerie à Paris, elle demeure très présente sur les réseaux sociaux en raison de son format numérique. Elle a par ailleurs fait l’objet d’un livre Remember that they cannot cancel spring qui multiplie les conversations entre le peintre
britannique et le critique d’art Martin Gayford, tous deux juxtaposant ses tableaux avec des œuvres d’autres artistes, pas forcément de la même époque.
 
David Hockney fait notamment référence à sa découverte de la Tapisserie de Bayeux, récit brodé (sur quelque soixante-dix mètres de long) de la conquête de l’Angleterre en l’an 1066 par Guillaume, Duc de Normandie. Non loin de là en pays d’Auge, l’auteur de The Bigger Splash a posé ses valises voilà quelque trois ans, préférant désormais la
côte normande à sa lointaine cousine californienne et, par extension, le gazon vif des bocages français souvent douchés de pluie à l’eau saturée de bleu et de soleil des piscines hollywoodiennes. Une mise au vert aux
airs de cure de détox, loin de la foule, des sollicitations et des paparazzis, qui lui a subitement ouvert les yeux sur la nature, sa superbe et son évolution incessante, de jour en jour, saison après saison. « Il faut avoir la tête claire pour pouvoir observer les saisons, a-t-il confié lors de plusieurs entretiens à l’occasion de son accrochage parisien.
 
Etre quelque peu en retrait, ne pas avoir l’esprit polluer par d’autres choses… Et des quatre saisons, le printemps est, selon moi, la plus fabuleuse. » En 2020, la préférence printanière d’Hockney a été renforcée à la faveur du confinement. Quelques jours auparavant, l’octogénaire était rentré quelque peu épuisé d’un déplacement. Il aspirait à du repos et, tout à coup, c’est la terre entière qui fût pressée de marquer le pas, de calmer sa cadence infernale.
« Tout le monde a eu davantage de temps pour observer le printemps qui était particulièrement merveilleux cette année-là » se souvient celui que le ralenti mondial a alors ragaillardi, saisissant une tablette électronique plutôt qu’une palette traditionnelle et, chaque jour, dessinant les paysages environnants, les pâturages, les vergers et tous les pommiers en fleurs dans un rayon proche de sa demeure. Telle la pandémie, la nouvelle obsession d’Hockney a perduré bien au-delà du premier confinement. Il a continué de croquer la nature normande aux beaux jours, puis en automne ainsi qu’en plein hiver.
 
Signant là une foule d’œuvres numériques dont la compilation monumentale, exposée pendant plus de quatre mois au musée de l’Orangerie, ne serait qu’un extrait en dépit de ses 90 mètres de long.
Aux éditions du Seuil, le passionnant ouvrage de David Hockney et de Martin Gayford s’intitule On ne reporte pas le printemps dans sa version française. Un titre bien trouvé sachant que cet équinoxe compte bien plus que celui d’automne dans l’inconscient collectif. Au sortir de l’hiver, chaque minute supplémentaire de lumière est vécue par beaucoup comme une petite victoire, jusqu’à arriver à ce point d’équilibre qui correspond à un parfait alignement du Soleil et de l’équateur.
 
Autre illustration de notre impatience du Printemps depuis 2019, son premier jour est avancé de 24 heures par rapport aux autres saisons qui débutent un vingt-et-unième jour. Une précocité suite à des calculs savants en astronomie qui l’ont panifiée ainsi pendant quatre-vingts ans supplémentaires, jusqu’en 2102 très exactement.
 
 
 
Texte : Frédéric Martin-Bernard
Copyright David Hockney - Royal Academy of Arts
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