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L'ivresse des profondeurs

01/07/2020 dans Votre temps
Prenez une grande respiration et plongez… dans la pratique de l’apnée ! Les records de ce sport de l’extrême sont étourdissants : descente à 214 mètres et souffle retenu jusqu’à 11 minutes et 35 secondes. Un temps excessivement long dans les entrailles des mers, durant lesquels la fréquence cardiaque peut être divisée par trois. On parle de bradycardie, un ralentissement du cœur ici favorisé par la pression aquatique, qui a beaucoup intéressé Jacques Mayol, le premier homme à atteindre, le 23 novembre 1976 au large de l’île d’Elbe, la profondeur de 100 mètres en apnée.

Ce nom de Mayol vous dit quelque chose ? Normal, il a inspiré le personnage de Jean-Marc Barr dans Le Grand Bleu de Luc Besson. En parallèle, ce Français nourrissait une passion pour le yoga et, en particulier, des yogis capables de retenir leur respiration plus de vingt minutes. Dans son livre Homo Delphinus en 1987 (Editions Glenat), il évoque leur rencontre, la science du souffle (pranayama) et l'idée, dans la philosophie indienne, qu'un même souffle anime la vie physiologique et la vie psychique.

A l’instar du yoga, maîtriser sa respiration est effectivement une des clefs de l’apnée. Avant toute plongée, le recordman tricolore effectuait de longs exercices de méditation. Les professionnels d’aujourd’hui insistent également sur la nécessité d’apprendre différentes manières de remplir son corps d’air, d’être attentif aux mouvements de son diaphragme et de calmer son rythme cardiaque avant de s’aventurer sous l’eau. « Il faut réapprendre à respirer pour retenir son souffle » dit Umberto Pelizzari, sorte de fils spirituel de Mayol, qui a pulvérisé les records du Français, à partir des années 1990.

Cet Italien a signé de multiples ouvrages et films où il insiste, lui aussi, sur l’absolue nécessité d’une préparation approfondie à la plongée en mer, dite « en poids constant », contrairement aux catégories « statique » et « dynamique » qui se déroulent en piscine. Car il se produit de multiples phénomènes physiologiques liés à la pression de l’eau, à mesure que l’on gagne les abysses. Elle opère tout d’abord sur les tympans et doit être compensée avec la manœuvre de Valsalva, un petit exercice d’inspiration le pincement du nez qui permet d’équilibrer la pression entre l’oreille externe et l’oreille moyenne grâce à la circulation d’air dans la trompe d’Eustache.

Puis, la pression augmente sur l’ensemble du corps, à raison de 1 bar supplémentaire tous les 10 mètres. Il faut l’accepter sans la combattre, rester détendu et "zen" comme un yogi. Surtout que l’effet « bouchon de liège » retenant le corps vers la surface dans les premières longueurs, commence à s’estomper aux environs de 12 mètres sous l'eau. Et la descente de subitement s’accélérer. Ce moment en chute libre est fabuleux lorsque l’apnéiste est en plein lâcher-prise. La pression accrue va jusqu’à modifier la circulation sanguine et la dissolution de gaz contenus dans les veines tel que l’azote qui, entre 30 et 40 mètres, se produit plus rapidement et engendre un sentiment euphorique proche de l’ivresse… Avant de se ressaisir et de remonte à la hâte pour apprécier son temps à la seconde près !

Nota bene : Les montres de plongée sont régies par la norme ISO 6425. Les indications gravées (de 1 à 20 ATM) sur le fond du boîtier déterminent les activités « aquatiques ». Chaque palier reprend les caractéristiques précédentes auxquelles s'ajoutent de nouvelles possibilités. Pour jouer les poissons dans les eaux profondes, il vaut mieux opter pour une montre de plongée à partir de 10ATM/100m. Dans tous les cas, il ne faut pas actionner les boutons poussoir ou remontoir sous l'eau. Pensez aussi à revisser les couronnes de la montre avant d'aller dans l'eau. Évitez les endroits chauds et humides comme le sauna, ils favorisent la dilatation des joints, fatale à l’imperméabilité.
 
Texte : Frédéric Martin-Bernard
Photo : Jeremy Bishop, Unsplash 

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