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La saison des contes

09/11/2020 dans Votre temps
L’automne s’installe, les jours s’amenuisent, quelques lumières dansent déjà aux fenêtres des maisons. Il ne s’agit pas de guirlandes : le compte à rebours des fêtes n’a pas encore commencé. Ce sont des lueurs de cheminée : rien de tel qu’une flambée pour compenser le froid extérieur ! Et puis, les ultimes semaines confinées de cette année 2020 si compliquée incitent à renouer avec des plaisirs simples, anciens, joyeux. Parfois, on voudrait se pelotonner dans un plaid au coin du feu, couper son smartphone, ne plus regarder la télévision, laisser filer les heures et, pourquoi pas, écouter des histoires imaginaires qui nous changeraient des fake news jamais très inspirées.
 
Il était une fois… Conter est un art qui n’est cependant pas donné à tout le monde. Il ne s’agit pas de lire un ouvrage ou de réciter un texte appris par cœur, mais d’énoncer une situation sans autre support que ses connaissances, son imaginaire et ses talents d’improvisation. Si l’on remonte à l’enfance, on se souvient tous d’un proche qui avait le chic pour raconter des histoires à dormir debout à l’heure du coucher. Mais son métier n’était pas conteur qui fût, naguère, une véritable profession reconnue et exercée par un être lettré. Pendant des siècles, ce métier perdura tant que l’analphabétisme toucha une majorité des populations. Souvent, le conteur avait même une double fonction. Outre distraire ses congénères avec des récits tirés de nulle part, il était la mémoire quotidienne de son entourage qui n’avait malheureusement pas été éduqué pour retenir le moindre fait.
 
Des siècles plus tard, nous sommes plus instruits mais l’on compte malheureusement plus que l’on conte… On compte ses amis, ses likes, ses vues sur Internet et les réseaux sociaux. Ce flot continu de clichés instantanés, de selfies et de tranches de vies devrait faire galoper nos esprits, stimuler le récit et donner jour à de formidables fictions sans âges ni frontières… Hélas, nos yeux sont trop rivés sur ce monde qui bouge en permanence. Ce perpétuel changement n’est pas nouveau mais le fait d’être désormais aux premières loges, en direct live via nos smartphones, engendre des addictions qui empêchent tout recul. Nous sommes trop connectés à l’instant présent pour pouvoir échafauder des histoires au passé comme au futur… Les conteurs d’aujourd’hui soulignent leur besoin d’entretenir une certaine distance avec le réel, de déformer, d’enjoliver et de rebroder le monde actuel pour énoncer des contes personnels et captivants. D’aucuns se retrouvent au Festival interculturel du conte de Montréal (FICM) qui réunit des artistes de toutes cultures et nationalités depuis une quinzaine d’années. L’édition 2020 n’ayant pu se tenir en raison de la pandémie, dix « contes en ligne… qui font du bien » sont en accès libre sur le site officiel de la manifestation jusqu’à la fin du confinement. Dix contes qui renvoient à des moments agréables en cet automne où le temps paraît comme suspendu, où prononcer « il était une fois… » peut suffire à rassurer face à un futur incertain.
 
Texte : Frédéric Martin-Bernard
Photos :  Natalia Y - Unsplash
 
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