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Azzedine Alaïa, ou créer à son rythme

09/11/2020 dans Portraits
Le temps passe vite ! Dans quelques jours, le 18 novembre très exactement, cela fera 3 ans qu’Azzedine Alaïa s’en est allé. Mais pourquoi donc évoquer ce couturier sur le blog de Klokers, sachant que la plupart des portraits le présentent sans la moindre montre à son poignet ? Et qu’il n’était pas du genre à compter ses heures pour mettre au point des robes et autres modèles flattant la silhouette féminine.
 
A maintes reprises, Azzedine Alaïa s’est d’ailleurs érigé contre les rythmes de l’industrie de la mode qui se sont considérablement accélérés sous l’influence de la fast fashion, du marketing, des groupes financiers et autres fonds de placement escomptant toujours de pressants retours sur investissement. Dans les années 1990, il est même allé jusqu’à bouder les Fashion weeks qui commençaient à revenir sans cesse. Plus récemment, il dévoilait seulement des collections lorsque lui venait l’inspiration.
 
Quelque part, sa démarche s’apparentait à celle d’artistes qui envisagent seulement une exposition lorsqu’ils ont créé de nouvelles œuvres étoffant leur propos… Pas étonnant : Azzedine Alaïa s’était rêvé sculpteur dans sa jeunesse. Et de suivre les cours de l’école des Beaux-arts de Tunis. De par ses origines modestes, il avait néanmoins dû trouver un moyen de financer ses études et, à ses heures perdues, il commença à prêter main forte à une couturière de quartier pour le surfil intérieur des vêtements.
 
Bientôt, sa matière première de prédilection ne sera plus le bois, la pierre ou la terre glaise mais le cuir, la maille et le jersey stretch. De fil en aiguille, l’étudiant en sculpture s’est effectivement passionné pour la couture qui emploie des matériaux souples et changeants, réclamant une extrême dextérité. Aujourd’hui encore, n’importe quel vêtement de luxe, prêt-à-porter ou grande diffusion est confectionné avec un minimum d’opérations manuelles. Exactement comme l’horlogerie qui requiert toujours la main de l’Homme bien qu’elle se soit considérablement modernisée depuis l’apparition des mouvements à quartz.
 
A Paris où il s’installe au milieu des années 1950, Azzedine Alaïa œuvre parfois comme petite main pour des griffes de couture. Mais il se constitue surtout une clientèle privée pour laquelle il aime concevoir des modèles uniques et sur-mesure. En 1980, il se décide à lancer officiellement sa marque. Le succès est au rendez-vous, mais il ne change surtout pas ses habitudes. Quelque part, il se moque des saisons. Son dessein est de mettre au point des intemporels qui résisteront aux modes et aux tendances passagères. Aussi ne cesse-t-il pas de traquer la perfection dans toute création, d’améliorer toujours et encore ses coupes et leur bien-aller, de creuser un sillon unique de style jusqu’au soir de sa vie.
 
Jusqu’au 7 février 2021 au Metropolitan Museum of Art à New York, l’exposition About Time Fashion and Duration (*) présente Azzedine Alaïa comme le parfait exemple d’un designer contemporain qui a admirablement marqué son temps, à son propre rythme. Tandis qu’au 5 rue de Moussy à Paris, un nouvel espace de vente, intitulé La Petite Boutique, rassemble une sélection de ses modèles sur quatre décennies qui n’ont effectivement pas pris une ride.
 
Texte :  Frédéric Martin-Bernard
Photo : Azzedine Alaïa dans son atelier, en janvier 1976. Photo Muus. Sipa
 
(*) le contexte sanitaire actuel a amené le MET à organiser des visites guidées de l’exposition About Time Fashion and Duration à partir du site www.metmuseum.org
 

Photos

Azzedine Alaïa à l'inauguration de son exposition à Rome en juillet 2015Azzedine Alaïa dans son atelier en juin 1992Azzedine Alaïa dans son atelier en 1976
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