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Quinze minutes « sans » montre en main

04/01/2021 dans Votre temps
Pourquoi cite-t-on toujours le quart d’heure ? Et pas dix ou vingt minutes ? Parce que les multiples expressions françaises autour de la plus petite fraction horaire ne cherchent pas à relater une durée. Elles traduisent une parenthèse brève dans un continuum, un changement ponctuel qui rompt avec les habitudes, le quotidien, les us et coutumes. 
 
Ainsi, il y a le quart d’heure parisien que d’aucuns appellent également le quart d’heure toulousain, lyonnais, bourguignon, marseillais ou bordelais… Voire le quart d’heure français tant nous autres originaires de l’Hexagone serions toujours en retard. « L’exactitude est la politesse des rois et le devoir de tous les gens de bien » avait pourtant lancé le roi Louis XVIII, très à cheval sur les horaires. Dans le monde international des affaires, se présenter à un rendez-vous avec plus de 5 minutes de retard est considéré comme un manque de respect. A l’inverse dans la sphère privée, arriver entre 15 et 30 minutes après l’heure-dite de l’invitation, est une marque d’attention à l’égard de l’hôte qui a pu rencontrer un contretemps dans ses préparatifs.
 
Dans un tout autre registre, il y a le quart d’heure américain qui est également une tradition quelque peu désuète. Son apparition remonte au début des années 1970, suite au festival de Woodstock qui donna un écho supérieur au mouvement de libération des femmes. Pendant 15 minutes, les filles d’Outre-Atlantique étaient alors autorisées à inviter les garçons à danser. Quelque cinquante ans plus tard, cet inversement ponctuel des rôles au nom de l’égalité des sexes paraît grotesque, démodé et, en même temps, l’essentiel ne reste-t-il pas à faire en termes de parité ?
 
Finalement, le quart d’heure de célébrité qu’Andy Wahrol avait promis, plus ou moins à la même époque, s’est concrétisé de façon plus spectaculaire. « In the future, everyone will be world-famous for 15 minutes” prédisait-il, en marge d’une exposition qui lui était consacrée au Moderna Musset de Stockholm en 1968. Au sommet de son art, le New-Yorkais ne faisait bien évidemment pas référence à sa propre personne. Il était déjà à-tu-et-à-toi avec le tout Manhattan dont il tirait les portraits à partir de Photomaton. Quand il ne les cotoyait pas jusqu’à l’aube dans les clubs underground de la ville qui ne dort jamais.
 
A travers ses « 15 minutes of fame », Wahrol pointait la gourmandise croissante des tabloïds dès lors qu’une personne défrayait la chronique. Et leur désintérêt tout aussi rapide dès lors qu’un autre individu renchérissait. A l’époque, doit-on rappeler qu’il n’y avait pas de poste de télévision dans chaque foyer. Ni Internet, les smartphones et les réseaux sociaux qui ont considérablement distordu cette notion de la « célébrité ». Mais il y avait déjà une soif de projecteurs qui se faisait un peu partout sentir. L’année suivant sa prophétie, l’artiste américain lancera d’ailleurs le magazine Interview focalisé sur des happy few, dont les entretiens étaient illustrés par ses portraits. Des œuvres souvent réalisées sur le vif, comme qui dirait en moins de 15 minutes, dont un grand nombre sont rassemblés, du 02 mars au 10 avril 2021 à la Galerie Italienne au 15 rue du Louvre à Paris, dans le cadre de l’exposition Andy Wahrol : Instantanés.
 
Texte : Frédéric Martin-Bernard
Photo : ©2015 Mirfaces
 

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