Nous utilisons des cookies pour garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser celui-ci, nous considérons que vous en acceptez l'utilisation. plus d'informations
Play your time
Français
Panier
Votre commande 0 articles
Total ttc -
Livraison offerte à partir de 100€
Retours & échanges sous 30 jours
Paiement 3 fois sans frais
Garantie 3 ans

La magie de l'heure bleue

18/02/2021 dans Votre temps
Entre chien et loup, il y a quelques dizaines de minutes où le ciel est indéfinissable et remarquable à la fois.
 
C’est une heure singulière qui change d’horaire tous les jours, se remarque surtout au printemps et à l’automne. Et davantage en altitude. A tout dire, elle dure plutôt trente que soixante minutes quand vient le soir. Et s’illustre de façon encore plus brève quand c’est le jour qui se lève. Ce moment sublime et fugace que l’on appelle « heure bleue », se déroule au moment où le soleil et la lune se passent le relais, lorsque le ciel est plein d’une teinte plus foncée que l’azur, juste avant de verser dans la nuit noire. Ou de virer au plein jour.
 
C’est une plage étrange, particulière, indéfinissable, sans fin ni début précis. « C’est une heure incertaine, c’est une heure entre deux où le ciel n’est pas gris même quand le ciel pleut » chantait Françoise Hardy dans un titre éponyme, en 1969. Au cours de cette heure-là, on dit aussi que les fleurs sont à leur meilleur pour exalter leurs senteurs. Que tous les oiseaux s’accordent pour gazouiller en chœur. Magie encore, que l’intensité du ciel est telle que toute photo se révèle éblouissante. Les fans de clichés-cartes-postales traquent le moment d’un jour à l’autre. Sur Internet, des sites facilitent désormais la tâche et recensent les différents horaires de la blue hour aux quatre coins du monde.
 
Pour les scientifiques, l’heure bleue n’est cependant pas un hasard. Elle s’explique par la théorie de Rayleigh sur la diffusion de la lumière et des ondes électromagnétiques dans l’atmosphère, un phénomène qui ne peut malheureusement pas être exposé ici en quelques lignes. Focalisons-nous plutôt sur l’imaginaire entourant ce moment que l’on appelle également « entre chien et loup » ! C’est un temps de passage où le rythme ralentit, sinon s’accélère selon nos vies et nos occupations. Certains lèvent le pied, d’autres pressent le pas à ce moment charnière entre deux astres. On est souvent en retard. Ces quelques minutes de transition entre la sphère privée et le monde professionnel, la ville et la scène passent toujours trop vite. Normal puisque l’heure bleue n’en compte pas soixante ?
 
« L’heure bleue est un euphémisme » disait l’Espagnol Nestor Almendros, directeur de la photographie qui collabora avec François Truffaut (Ma Nuit chez Maud, Le Genou de Claire…), Eric Rohmer (L’Homme qui aimait les femmes, L’Enfant Sauvage…) et Barbet Schroeder, avant d’être approché par Terrence Malick qui préparait le tournage du deuxième film de sa carrière : Les Moissons du ciel (Days of Heaven). L’Américain veut que la nature ait le premier rôle dans son long métrage se déroulant au Texas. Almendros lui suggère de tourner la quasi-totalité des scènes durant la blue hour « qui donne aux images un air magique, une beauté magique ». Nous sommes en 1976. A raison de 20 à 25 minutes de prises d’images par jour, le film ne sortira que deux ans plus tard. Mais il est immédiatement primé de l’Oscar de la meilleure photographie et, l’année suivante à Cannes, du Prix de la mise en scène… Encore la magie de l’heure bleue !
 
Texte : Frédéric Martin-Bernard
Photo : © Deborah Sandidge
 

Sur le même sujet

A l’heure du jazz
Accueilarticle blog