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Le temps d’infuser

12/04/2021 dans Tendances
Allégorie de notre monde trépidant qui cherche parfois à calmer le rythme, le mouvement Slow coffee vante l’art de filtrer lentement le café comme d’antan.
 
Et si la façon de se faire un café résumait à elle seule les aspirations de notre société ? Pendant des années, des décennies même, rien n’allait jamais assez vite. A peine le pied par terre, il fallait mettre à bouillir de l’eau, moudre les grains, préparer un filtre et patienter… Puis, les cafetières électriques sont arrivées. Et le café déjà moulu par la même occasion. Mais c’était encore trop lent - excepté pour les Italiens dont l’art du café relève de la dolce vita et continue d'employer forcément un percolateur. Trop lent jusqu’à ce l’ingénieur néerlandais John Sylvan invente, au début des années 1990, la capsule de café prête à l’emploi. Et la firme Nestlé via sa marque Nespresso de mettre au point la machine pour en extraire le breuvage matinal tant attendu en un temps record.
 
« Que demandez de plus ? » a longtemps lancé l’acteur George Clooney - dans la langue de Shakespeare « What else ? » -, au final des publicités du fabricant suisse devenu leader mondial du café en dosettes. C’est vrai que le concept est pratique, pas compliqué, express… Exactement comme lorsqu’on commande un expresso au comptoir, sur le chemin du boulot sans vouloir vraiment s’arrêter. Mais les modes changent toujours, la société évolue, les consommateurs prennent conscience de l’urgence de sauver la planète, de préserver les ressources, de limiter les déchets et, aussi, de ralentir le rythme… Et pour certains, ces bonnes intentions débutent de bon matin, en commençant par renouer avec un véritable café filtre.
 
Depuis quelques années, la presse parle même d’un mouvement Slow coffee. Aux Etats-Unis, dans les grandes villes de la cote-ouest où toute tendance autour de l’écologie, du bien-être ou de la santé rencontre un public plus attentif, a commencé à fleurir un nouveau genre de coffee shop où l’on est tout sauf pressé. Dans ces échoppes, chaque variété de café est sélectionnée pour son arôme spécifique. La mouture du grain est réalisée à la commande. Et l’eau monter à une température précise et pas un degré de plus. Puis, elle est versée dans un porte-filtre individuel par rasades successives, espacées de tout le temps nécessaire pour infuser et s’écouler tranquillement.
 
Allégorie de notre monde trépidant qui se pique ici et là d’envies de ralentir le rythme, de lever le pied et de retrouver la saveur de plaisirs simples, le café infusé comme d’antan est un pur bonheur. Son odeur particulière suffit à rappeler des bons moments en famille, entre amis ou en vacances. Une certaine insouciance, aussi.
 
Toujours aux Etats-Unis, l’entrepreneur Alan Adler a conçu, en 2005, un nouveau mécanisme d’infusion du café qu’il a baptisé Aeropress. Composé de deux cylindres coulissant l’un dans l’autre, l’objet (quasi de poche) reprend plus ou moins le principe des cafetières à piston, enchaînant temps d’infusion et filtrage sous pression afin d’exacerber les arômes. Mais n’oublions pas que cette géniale invention est originaire du Nouveau Monde toujours prêt à faire mieux, plus fort, plus vite… Ainsi depuis 2008, il existe un championnat Aeropress où l’on s’affronte pour concocter le meilleur café en un temps chronométré. Une histoire de minutes et de secondes, toujours et encore.
 
Texte : Frédéric Martin-Bernard
Photo :  karl-fredrickson Unsplash
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