Comment la culture influence notre rapport au temps ? | klokers blog
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Comment la culture influence notre rapport au temps ?

Voilà une journée qui a bien commencé ! Vous étiez fin prêt(e), mais avez renversé votre café sur votre chemise. Retour à la case départ. Puis impossible de mettre la main sur vos clefs. Quand, enfin, vous êtes sur la route du bureau, ce sont les feux rouges qui se déchaînent. Résultat : vous arrivez avec 16 minutes de retard à votre rdv.
Si vous êtes en France, vous avez dépassé les 7 minutes de retard acceptables. Pas de souci à se faire si vous êtes au Brésil par contre, vous êtes presque en avance ! En Suisse ou en Allemagne, excusez-vous vite, on ne plaisante pas avec les horaires!

Le rapport au temps varie selon les cultures. Et ce qui en découle – l’usage de notre temps, la ponctualité, etc. – aussi.  Il serait le résultat de facteurs historiques et langagiers qui influent sur nos manières de vivre, penser et agir.

Pour Edward T. Hall (Catégories de temps et relativités culturelles), il existe deux modèles d’organisation du temps dans le monde  : les cultures monochroniques et les cultures polychroniques.

Côté cultures monochroniques (Amérique du Nord, Europe du Nord), le temps est perçu de manière linéaire et compartimentée. L’organisation est primordiale, on crée des plannings, et pas question de faire deux choses à la fois ! Le temps est une donnée tangible, il ne faudrait pas le gaspiller…

Côté cultures polychroniques (Amérique latine, Moyen-Orient, Asie, Afrique), le temps est élastique et souple, comme les horaires. Les voyageurs ayant désespérément attendu un train en Asie en savent quelque chose… Le temps est perçu comme illimité, il ne peut alors être perdu. Le temps de la relation est davantage mis en avant, plutôt que le temps de la montre.

Dans le passionnant L’intelligence interculturelle, Michel Sauquet et Martin Vielajus soulignent que l’origine de ces deux systèmes se trouvent notamment dans le langage. La grammaire influe sur la manière de raisonner le temps. En français, la conjugaison passé-présent-futur séquence le temps à elle seule ; alors que le mandarin, lui, ne conjugue pas.

Aujourd’hui, la vision du temps semble de plus en plus monochronique… Etre dans le bon timing, le bon planning, courir après le temps, etc. Et si, en dehors des contraintes, on écoutait notre horloge ?

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