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Enzo Mari et le mouvement du « Do It Yourself »

Couture, tricot, décoration, bricolage, customisation,… :  le « Do It Yourself », à traduire littéralement par « Faîtes-le vous-même », est partout.
Il suffit de se balader sur internet et de constater l’incroyable succès des tutoriels vidéos, qui proposent des apprentissages en tout genre. Les habitudes et les mentalités changent, vers de plus en plus de création, comme pour remettre un peu de matériel dans l’immatériel généralisé.
Ce mouvement qui, comme son nom l’indique, désigne le fait de construire soi-même un objet et/ou de le customiser à l’envi, rend accessible le « fait-maison » et booste la créativité.

Au-delà d’une vision ludique et créative, le DIY interroge la question du « faire » dans notre société de consommation. Il  révèle un besoin de travailler avec ses mains  et un certain rejet de la consommation à outrance, en faisant la part belle à l’objet. D’où vient ce mouvement ? Comment s’est-il construit ? Quelles en sont les traductions contemporaines dans le monde du design ? Et que révèle t-il de notre vision de la création ?

En 1974, le designer et architecte italien Enzo Mari publie un livre-manifeste Proposta per autoprogettazione, qui propose au consommateur des plans de construction de meubles, très facilement réalisables chez soi, à l’aide d’outils basiques comme un marteau, des planches, des clous. Le but ? N’importe qui, sans grands moyens ni compétences spéciales, devait être capable de fabriquer soi-même son mobilier et de meubler son appartement en deux jours avec tables, chaises, lit, bureau, etc. La vision ? Démocratiser la fabrication de mobiliers sans passer par la case distribution, et responsabiliser le consommateur, qui devient co-concepteur.

Bien au-delà de simples plans, Enzo Mari pose un regard critique et novateur sur l’état du design contemporain. En plaçant le consommateur final au centre du processus de fabrication, il crée une véritable révolution dans le monde du design, au sein duquel il devient alors une référence. Cette vision d’un design anti-consumériste invente le « Do It Yourself » et soulève des enjeux politique, économique et social. Cette série d’objets, imaginée par Enzo Mari pour le consommateur, véhicule un certain rejet de du « prêt-à-consommer ». Empreint d’une culture humaniste, ce projet met en avant la singularité de l’individu devenue depuis tendance mondiale : « je suis moi et je ne ressemble pas au voisin« .

L’on en voit aujourd’hui une traduction contemporaine dans le design collaboratif, vers lequel de plus en plus de jeunes diplômés d’écoles de design se dirigent. A l’ère du digital, communiquer ses plans ou échanger sur la co-création d’un projet est devenu très facile. Parfois sans le savoir, cette nouvelle génération de designers marche dans les pas d’Enzo Mari.

klokers, qui a reçu le label Observeur du design 2018, prix français qui récompense une démarche de design centrée sur l’utilisateur, marche à sa manière dans les pas d’Enzo Mari : par son système de bracelets et accessoires interchangeables, le processus de co-création peut commencer avec le consommateur. Celui-ci crée lui même sa combinaison et son usage parmi une large gamme d’accessoires qui ouvre le champs des possibles…. Se crée un lien entre consommateurs et créateurs.

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