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Jonathan Crary, « 24.7. Le capitalisme à l’assaut du sommeil » : notre sommeil est-il en danger ?

Imaginez un monde où vous feriez la queue au supermarché pour acheter du temps de sommeil… Un monde où vos rêves seraient interrompus  par des publicités pour des céréales minceur, lessives miracles et autres désodorisants pour toilettes…
Oui, c’est effrayant.

C’est pourtant l’image, poussée à son extrême, que Jonathan Crary, critique d’art et essayiste américain, dépeint dans son essai « 24.7 Le capitalisme à l’assaut du sommeil. »

« 24.7 » ? « Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept ». Ou le fait d’être toujours disponible, aux exigences du capitalisme. Toujours disponibles au sein d’une « économie de l’attention » qui monnaye notre temps libre d’attention (cf. notre précédent article « L’économie de l’attention »). Au travail ou en vacances,  difficile pour certains de trouver des moments « OFF », vides d’activités, et pendant lesquels ils sont 100% dé-connectés.

Selon Jonathan Crary, le sommeil serait de ce fait devenu une « anomalie » dans un système capitaliste puisqu’il échappe au temps de travail, et à la profitabilité que nous représentons tous. Le capitalisme rechercherait des individus en « veille » permanente pour assouvir son désir d’extension… L’avenir appartiendrait alors non plus à ceux qui se lèvent tôt, mais à ceux qui ne se couchent jamais…
La vision d’un possible futur monde où les hommes seraient remplacées par des robots bloqués sur « ON » est tout sauf rassurante. Sans compter que ce rythme 24/24 est à l’opposé du rythme chronobiologique de l’humain, qui est cyclique.

Or dès le premier chapitre de cet essai mordant, les chiffres sont clairs : l’adage selon lequel on passerait un tiers de sa vie à dormir n’est désormais plus d’actualité. En l’espace de quelques années seulement, notre moyenne de huit heures de sommeil par nuit s’est transformée en six heures par nuit…

Notre sommeil est-il alors en danger ?

Dormeurs invétérés, partisans de la sieste et autres grasses matinées, tout n’est pas perdu ! Des démarches récentes vont de plus en plus à rebours de cette logique, comme le slow mouvement qui nous invite à ralentir.

Prendre réellement conscience de cet environnement pour envisager une relation plus sereine au temps, telle pourrait être un début de solution.

C’est précisément ce que klokers revendique : se réapproprier ce temps qui nous échappe, dans une société ultra-connectée et sollicitante. Parce que finalement, ce temps n’appartient qu’à nous.

Sur ces belles paroles, nous, ben on va se coucher ! zZZ…

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