Petite histoire de l'anticonformisme | klokers blog
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Petite histoire de l’anticonformisme

Le terme « anticonformiste », né au milieu du 20ème siècle, désigne une personne qui ne se conforme pas aux normes, aux usages établis et habituels. Toute personne s’écartant de la norme sociale est anticonformiste, hors des sentiers battus. L’écrivain français André Gide écrivait que « toute pensée non conforme est suspecte », soulignant alors que le désir de se ressembler et d’adopter les mêmes modes de pensée est une priorité pour les conformistes.

Dans l’histoire, nombre d’anticonformistes se sont affranchis de l’opinion commune, en empruntant les chemins de traverse. L’histoire en a retenu des destins atypiques comme ceux de Marie Curie ou Albert Einstein. Née en Pologne, Marie Curie, prix Nobel de physique et de chimie, écrit que « sans la curiosité de l’esprit, que serions-nous? Telle est bien la beauté et la noblesse de la science: désir sans fin de repousser les frontières du savoir, de traquer les secrets de la matière et de la vie sans idée préconçue des conséquences éventuelles. » Albert Einstein, quant à lui, était plutôt mauvais élève, au sein d’une école normée qui ne laissait que peu de place à son imagination et à ses désirs d’évasion. Peu enclin à se plier aux codes établis de la société , il écrivait qu’il « est plus facile de briser un atome que de briser un préjugé. »

Les neurosciences s’intéressent depuis longtemps à ces personnalités anticonformistes puisque ce sont elles qui font évoluer les choses et progresser les idées et notamment la science. L’anatomie du cerveau des personnes anticonformistes a été étudiée en 2012 et ces études révèlent que la matière grise du cortex orbito-frontal latéral, région du cerveau qui contrôle les comportements sociaux et les prises de décision, est moins importante que chez les personnes conformistes. Ces études ont conclu que le conformisme aurait contribué à l’apprentissage social chez les êtres humains et que la sélection naturelle favoriserait le conformisme, en conservant tout de même des individus anticonformistes qui permettraient la survie de l’espèce.

C’est le postulat de départ sur lequel repose le mouvement et collectif des « Crapauds Fous », lancés en 2017 par 34 scientifiques et personnalités publiques. L’ingénieure Thanh Nghiem, à l’initiative du Manifeste, explique qu’ « à la saison des amours, mus par un instinct grégaire, les crapauds migrent tous dans la même direction. S’il leur faut traverser des routes, ils se font alors massivement écraser sous nos pneus. Seuls survivent les individus atypiques qui vont à contre-courant ou s’aventurent dans les tunnels conçus sous les routes à leur intention. Leurs congénères pourraient les traiter de fous… C’est pourtant grâce à eux que l’espèce survit. » Le collectif vise à libérer la parole des anticonformistes dans notre société.

A l’origine de klokers, il y a notamment une citation de George Bernard Shaw qui a été des plus inspirantes : »Il y a ceux qui voient les choses telles qu’elles sont et se demandent pouruqoi et il y a ceux qui imaginent les choses telles qu’elles pourraient être et se disent… Pourquoi pas ?« 

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