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L’ère de la note

« Ponctuelle et agréable, je recommande », « Conversations intéressantes avec Patrick sur l’autoroute », « Appartement idéalement situé mais Louisa peu arrangeante », « Service acceptable mais les plats… bof bof »…

Avec les sites collaboratifs de partage et les plateformes digitales de mise en relation, le système de notation est omniprésent. Sur Blablacar, Airbnb, Uber, TripAdvisor, Hopwork, et énormément d’autres, c’est la note qui fait loi. On est tantôt « sympa », tantôt « pas ponctuel du tout », tantôt « un hôte parfait »… Qu’elle s’exprime en étoiles, en commentaires, en likes, etc., la note doit être bonne pour ne pas nuire, au profil de ceux qui proposent ses services et aussi parfois.. à l’ego !

Si on peut penser que ce système de notation nous pousse à donner le meilleur de nous-mêmes et nous est bien utile avant de réserver un voyage avec un tel ou un tel, il n’en reflète pas moins les diktats de performance de notre société, parfois mal digérés par certains. La note peut raviver des souvenirs d’école, parfois malheureux, et réveiller des angoisses enfantines, que l’on croyait bien enfouies.

La note a toujours été présente, mais, projetée de la sphère réelle à la digitale, elle ère sans cadre bien défini, et la prestation est livrée à la subjectivité de chacun, subjectivité par essence impossible de vérifier, mesurer. D’autant que ces notes peuvent exclure bon nombre de paramètres et zoomer sur tel ou tel aspect négatif sans prendre en compte les nombreux autres positifs. C’est ainsi que certains restaurateurs, hôteliers, etc. ont vu leur fréquentation chuter suite à de mauvais commentaires a priori totalement subjectifs. Car le comportement des voyageurs, des personnes recherchant une location, un service, etc. a changé. Le premier réflexe est de scruter le nombre d’étoiles, de parcourir les commentaires et de passer au peigne fin ceux qui sont négatifs. Souvent à la recherche de la petite bête…

Sur les réseaux sociaux, c’est la même chose. Qui n’a pas ré-ouvert des dizaines de fois son profil Facebook pour voir combien de likes notre nouvelle photo de profil avait généré… Au risque d’être tout dépité des maigres résultats alors qu’on avait projeté beaucoup mieux !  Aujourd’hui, nous sommes donc -presque- tous esclaves de la bonne note, à l’ère du pouce en l’air. Dans notre société moderne, on note et on est notés. Partout, tout le temps.

La note ne peut pourtant pas être le reflet 100% fiable d’un réel subjectif. Elle peut être le résultat d’une frustration personnelle, d’un jugement erroné. Qui peut faire et défaire la réputation d’un loueur, conducteur, freelance, etc. Tout n’est bien-sûr pas tout blanc ou tout noir aujourd’hui puisque les grandes plateformes travaillent à un système de notation qui ne soit plus à sens unique, de façon à apprendre aux gens à collaborer : tu me notes, je te note, et chacun fait de son mieux.
Malgré tout, il semble important de conserver son esprit critique pour parfois se faire son propre avis… Et puis… relativiser… L’enfant qui est en nous ne devrait-il pas se dire qu’on ne peut pas plaire à tout le monde ?  

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